Peinture d’Asie du Sud
Les peintures indiennes ont de tout temps été tournées vers la représentation des dieux et des seigneurs religieux. L’art indien regroupe différentes écoles d’art qui ont existé dans le sous-continent indien. La peinture indienne a évolué des grandes fresques d’Ellorâ aux peintures miniatures de l’Empire moghol et au travail sur le métal de l’école de Tanjore. Les peintures du Gandhar–Taxila sont influencées par les travaux persans à l’ouest. Le courant de la peinture orientale s’est la plupart du temps développé autour de l’école d’art de Nâlandâ. Les travaux sont la plupart du temps inspirés par des scènes de la mythologie indienne.
Peinture d’Extrême-Orient
La Chine, le Japon et la Corée ont une grande tradition picturale qui est fortement attachée à l’art de la calligraphie et de la gravure. La peinture traditionnelle en Extrême-Orient se caractérise par des techniques de peinture à l’eau, moins de réalisme, des sujets « élégants » et stylisés, une approche graphique de la description, l’importance des espaces blancs (ou de l’espace négatif) et une préférence pour les paysages plutôt que des figures humaines. À côté de la peinture à l’encre et l’utilisation de la couleur sur des rouleaux de soie ou de papier, l’or sur la laque était également un médium fréquemment utilisé dans la peinture asiatique. Alors que la soie était un support assez cher, l’invention du papier au ier siècle av. J.-C. par Cai Lun, l’eunuque de la dynastie Han, a fourni un support non seulement bon marché et répandu pour l’écriture, mais aussi pour la peinture.
Peinture chinoise
Les plus anciennes œuvres de peintres chinois datent la période des Royaumes Combattants (481 – 221 av. J.-C.), avec des peintures sur soie ou sur des tombeaux, de la roche, de la brique, ou de la pierre. Elles représentaient généralement des formes stylisées simplistes avec des modèles géométriques rudimentaires. Ces peintures dépeignaient souvent des créatures mythologiques, des scènes domestiques, des scènes de travail ou des scènes somptueuses pleines de fonctionnaires royaux. À cette période, et par la suite sous la dynastie Qin (221 – 207 av. J.-C.) et la dynastie Han (202 av. J.-C. – 220), la peinture n’était pas un moyen d’expression personnelle, mais plutôt le moyen de symboliser et honorer la géomancie, les rites funéraires, les représentations des dieux mythologiques ou l’esprit des ancêtres, etc.
Peinture japonaise
La peinture japonaise est un art ancien et raffiné, regroupant une grande variété de genres et de styles. L’histoire de la peinture japonaise est à certains moments une synthèse entre une esthétique originelle et une adaptation d’idées venues de l’extérieur. Le Yamato-e (images du Japon ancien) est considéré comme le style japonais traditionnel, à partir de la fin de l’époque Heian. Il aura comme héritier l’école Tosa, au xve siècle. L’école Kanō, qui apparait à peu près à la même époque, est une peinture savante et aussi une peinture de cour, riche et très élaborée. Elle fait souvent appel à des arrière-plans recouverts de feuilles d’or. Au xviie siècle, l’école Rinpa se réclame du Yamato-e, et peint des sujets inspirés de la nature, oiseaux, plantes et fleurs. Une particularité de la peinture japonaise de ces différentes écoles est qu’il s’agit largement d’une peinture décorative, ornant notamment les paravents et les fusuma, ces panneaux mobiles faisant office de cloisons dans les intérieurs japonais.
Peinture d’Islam
L’islam limite la représentation des êtres humains, des animaux et de tous les sujets figuratifs pour éviter aux croyants l’idolâtrie ce qui explique qu’en principe il n’existe pas de peinture religieuse (ni sculpture) dans la culture musulmane. Pendant longtemps l’art visuel s’est donc limité aux arabesques, souvent abstraites, avec une configuration géométrique ou florale. Généralement liée à l’architecture et la calligraphie, la peinture d’Islam se retrouve dans la peinture des tuiles des mosquées ou dans les enluminures du Coran et d’autres livres. Toutefois, en dépit du tabou de la représentation figurative, quelques pays musulmans ont cultivé une riche tradition picturale, non pas sous la forme de tableaux mais plutôt comme moyen d’illustrer des écrits. Ainsi l’art iranien ou persan, principalement connu au travers des miniatures persanes, se concentre sur l’illustration d’évènements épiques ou romantiques dans la littérature. Les illustrateurs persans ont délibérément évité l’utilisation de l’ombre et la lumière ou de la perspective afin de respecter la règle consistant à ne pas créer une illusion trop réaliste du réel. Leur but n’était pas de dépeindre le monde comme il est, mais de représenter des images d’un monde idéal, d’une beauté intemporelle et d’un ordre parfait. Des productions analogues se retrouvent dans les empires ottoman et monghol.